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Résultats d'insertion

Paroles de stagiaires

En Dordogne, l’exemple d’une installation réussie

Témoignage d’un ancien stagiaire de la section cordonnerie du C.R.P. de Clairvivre.

La boutique, située en plein centre ville de Thiviers, en Dordogne, est coquette . Les grandes vitrines ornées d’ancien matériel de cordonnerie et de produits de sellerie attirent les regards qui s’attardent avec une certaine nostalgie : souvenirs d’enfance, odeurs de cuir et de colle mêlées… Avoir près de chez soi un véritable artisan-cordonnier, est un luxe aujourd’hui. Et Thiviers qui comptait deux cordonneries « dans le temps » a eu la chance de voir la dernière d’entre elles reprise en avril dernier. Serge Dausse a racheté l’affaire avec enthousiasme, sitôt sa formation au Centre de Rééducation Professionnelle de Clairvivre terminée. Huit mois plus tard, il n’a aucun regret…

Les yeux rivés sur la chaussure qu’il est en train de recoller, ses gestes sont précis, presque attentionnés. « Je ne pensais pas être un manuel, explique-t-il, songeur , mais dans cette formation de cordonnier réparateur, j’ai vraiment trouvé ma voie ». Amusé, il ajoute : « Jamais je n’avais imaginé un jour faire ce métier… ».Il est vrai que son parcours professionnel ne laissait pas présager une telle reconversion. Lorrain d’origine, installé dans le Var pour exercer successivement les fonctions de peintre en bâtiment, puis d’agent de sécurité, ses compétences dans ce dernier poste lui permettent très vite d’accéder à un poste à responsabilités et de devenir chef d’équipe.

L’accident bête et méchant

Une grave chute, lors d’un transport de sacs de monnaie pour les caisses d’un grand magasin, remet tout en question. Hospitalisé à la suite de cet accident du travail, puis déclaré inapte à exercer son métier par la Médecine du Travail, l’idée d’une reconversion professionnelle devient évidente.

La Cotorep, COmmission Technique d’Orientation et de REclassement Professionnel, lui reconnaît la qualité de travailleur handicapé et lui propose de participer à une action de préorientation. Ces trois mois de préorientation lui permettent de mieux accepter la perte de son emploi, de construire un projet professionnel compatible avec son handicap, de tester la viabilité de ce projet auprès des entreprises et enfin, de découvrir une palette de formations professionnelles adaptées à son projet. Pensant s’orienter, dans un premier temps, vers une formation tertiaire d’employé de bureau, il se découvre pourtant un intérêt grandissant pour le travail manuel et se dirige finalement vers une formation de sellier « harnachement » au CRP de Clairvivre, en Dordogne. Tout juste diplômé, et avec l’accord de la Cotorep, Serge Dausse enchaîne sur une formation réparateur cordonnier, toujours à Clairvivre. Ces formations professionnelles de 16 mois, validées par un CFP, Certificat de Formation Professionnelle, délivré par le ministère du Travail, comporte de nombreuses périodes d’application en entreprise. Ce contact permanent avec le milieu du travail lui permet de se confronter à la réalité du métier. L’idée de s’installer à son compte est alors déjà présente : « je ne voulais plus travailler pour un patron. J’avais envie d’être indépendant, de gérer moi-même », explique-t-il avec conviction.Soutenu dans son projet par son moniteur de formation, Jean-Claude Libérat, il prend contact avec Airelle, une association d’aide à l’installation, demande une aide financière à l’Agefiph, ( Association de GEstion des Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées) et monte patiemment son dossier. Quand l’occasion se présente, il est prêt. La mise de fonds initiale représente 64 000 francs à l'époque (un peu moins de 10 000 euros) ; Serge Dausse versera la moitié de la somme, l’autre moitié étant apportée par l’Agefiph.

De voir mon nom sur la vitre, je suis fier de moi

La boutique est suffisamment spacieuse pour accueillir les activités de sellier, de réparateur cordonnier et de « point colis » d’une grande entreprise de vente par correspondance. « La polyvalence est aujourd’hui indispensable, commente le cordonnier, on me demande aussi bien des réparations sur des chaussures que des travaux sur de la maroquinerie comme une fermeture à recoudre sur un sac à main, un cartable à rajeunir… ».Cette polyvalence et sa capacité de travail importante lui ont permis de surmonter les incontournables difficultés du début.

« C’est vrai qu’au début, je ne comptais pas mes heures. A 6 h 30, j’étais déjà devant la machine à coudre, je rentrais manger vers 20 h et puis je revenais pour travailler quelquefois jusqu’à 1 h 30 du matin ; aujourd’hui, les horaires sont beaucoup moins lourds, mais je fais en moyenne une dizaine d’heures par jour quand-même. » Huit mois après son installation à Thiviers, avec la visite d’une quinzaine de clients par jour, Serge Dausse est fier d’avoir réussi son audacieux pari. Au prix de beaucoup de travail et d’obstination, la fidélité de sa clientèle lui est aujourd’hui acquise. Une juste récompense…


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